Les modèles "Export", par le Docteur Danche

Comment comprendre le mot "Export"? Indiscutablement comme "exotique".

Certains rajoutent même le mot sur leur malle, récupérant un monogramme on ne sait où, juste pour intriguer, séduire par la différence.

Le modèle "export", c'est donc un équivalent automobile des estampes japonaises.

La première catégorie de ces modèles, ce sont ceux carrément fabriqués à l'étranger. Ce sont des modèles, si je puis dire, export locaux. Ils sont examinés sur le site dans la rubrique "la DS à l'étranger", il y eut comme sites de production (assemblage) de la DS:

  • Slough (Angleterre)
  • Forest (Belgique)
  • Ljubljana (Slovénie)
  • Heidelberg (Australie)
  • Mangualde (Portugal)
  • Johannesbourg (Afrique du Sud)
  • Mexique

 

Ensuite, il y a les modèles "export", fabriqués en France, mais équipés de détails de finition pour les pays étrangers, et dont la liste exhaustive prendra encore plusieurs années sur nuancierds.fr (toujours dans la rubrique "la DS à l'étranger"). Il y a les grandes familles:

  • export Scandinavie, avec des modifications significatives sur le chauffage et l'éclairage, notamment)
  • export Europe, avec de petits détails de spécifications pour s'adapter aux réglementations en Allemagne (clignotants avant orange avant 1968, bande caoutchouc autour du clignotant arrière), Italie (clignotants blancs), Autriche, Suisse...
  • export Outremer (je n'ai pas d'éléments sur les spécifications)
  • export Afrique (filtre à poussière)
  • export USA (la réglementation US est particulièrement spécieuse)
  • conduite à droite (à destination de l'Australie, l'Afrique du Sud, l'Angleterre, avec des spécificités pour chaque destination..)

Et il y a même, pour le cas particulier de l'Italie, un modèle plus nerveux créé à Javel spécialement en 1967 pour ce marché: l'IDSuper, présentée ici.

Avec tout ces cas de figure, on ne s'étonnera donc pas de la profilération de l'ID série limitée "Export du plouc" (qui consiste à mettre de grands enjoliveurs DS sur son ID pour masquer la rouille des jantes, tout en prétendant mordicus que la voiture est une "Export")

 

Pas mal de ces modèles, quand ils ont roulé en France, ont eu des plaques TT (cas des touristes étrangers venant en France, ou de Français expatriés roulant temporairement en métropole, ce qui permet d'acheter la voiture sans payer la TVA).
J'ai tenté d'illustrer ce sujet
ici. (new!!)

 

Et enfin, au sein de ces modèles Export, il y a l'indéfinissable, l'inquiétant, l'autre. J'ai nommé: l'ID Export.

Derrière ce mot, on ne sait pas exactement quoi mettre. Ce qui est sûr, c'est qu'il existe une catégorie d'intérieurs ID en skaï, à vue de nez sur la période 63-68, qui n'était pas proposée sur modèles France, et que la tradition orale nous désigne comme des intérieurs "export".

Ces intérieurs skaï bufflon s'accompagnent de panneaux de portes type DS, avec l'accoudoir rebondi (et non un accoudoir type "baton")

En voici trois exemples (new!!)

1966: ID berline (Export) brun sardoine intérieur bufflon marron

1968: ID break (Export) gris nocturne intérieur bufflon gris

1968: ID berline (Export) vert illicinée intérieur bufflon havane

 

Ensuite en 69, l'ID Export sort officiellement du bois sous cette dénomination, et est même présentée dans un numéro d'Agent Citroën en 1969, ce qui a légitimé une enquête complète du Docteur Danche: l' ID export 1969. (new!!)

Ensuite, sur 70-75, il n'y aura plus ce cas de figure intrigant d'ID export.

Restera juste la "33" Export dont j'ai toujours adoré le nom, et qui d'ailleurs, pour achever de brouiller les cartes, ne fait plus aujourd'hui que 25cl (un peu comme la mythique "8.6" qui ne titre plus qu'à 7 et quelques...)