Un mois, un garage, par le CESCQUAL

Citroën Zurich

Dans le calendrier Citroën des années 30, on trouve cette photo de la succursale de Zurich.

C'est dans un bâtiment magnifique sur l'esplanade Von Vorne, que Citroën emménage en Janvier 26.

Ce batiment situé ici https://goo.gl/maps/VRPdK9fwonpoSPHBA ,contigu au Bernhard Theater, sera rapidement quitté par Citroën (remplacé par un café), puis sera rasé en 1984 pour faire place à un batiment rose de fort mauvais goût, le Fleischkäse.

 

Ce premier exemple nous montre qu'à Zurich, Citroën voyait les choses en grand.

Mais ce n'était qu'un début.

Car après, il y eut Schlotterbeck.

Voici l'endroit, c'est situé 415 Badener Strasse.

Ce garage est d'une ambition démente, avec une double rampe hélicoidale.

Les ateliers, à l'arrière, sont immenses.

Si vous avez bien lu le dossier sur les bidons LHS, vous êtes devenu incollable pour identifier le modèle.

Allez, je suis sympa, je vous fais un zoom.

Ce petit gars rondouillard, c'est clairement le taulier de la thurne. Mais je n'ai pas trouvé son nom.

Ici un document intéressant des archives iconographiques du garage de Zurich (que j'ai trouvées sur ce lien), qui nous montre une trousse à outils spéciale.
Je pensais qu'elle était d'origine Forest, ce qui reste possible, mais au fond ça pourrait aussi être un gadget premium de l'importateur Suisse. A noter que j'ai une de ces trousses, je vous la présenterai à l'occasion.

 

Alors alors?

Et de nos jours?

Citroën a-t-il su garder ce somptueux bâtiment, avec cette rotonde et ses petites fenêtres qu'on voit à l'arrière, qui abrite le haut de la double rampe hélicoidale?

Eh bien non. Citroën a d'abord laissé la place à ce truc machin de shopping.

Ensuite le batiment a été cédé pour une opération immobilière.

Les architectes se sont battus, à qui ferait la proposition la plus délirante pour garder les rampes.

Puis les travaux ont commencé

Et au final, tout a effectivement été conservé (mais je n'ai pas de photo du résultat final pour les rampes), et ce sont des bureaux (Gartemann) qui occupent aujourd'hui le haut de la rotonde et ses petites fenêtres.

Mais alors Dr Danche? Comment ils ont gagné de l'argent, ceux qui ont réhabilité tout ça?

ah? Je vous ai pas dit?

Eh bien ils ont prolongé la rotonde vers le haut, et ils ont fait une tour au dessus!

Le tout a été fait en conservant à l'arrière la structure des ateliers qu'on voyait sur les photos d'époque avec les DS.

 

L'avis d'Ivan

Les photos d'époque sont tout simplement époustouflantes, et je suis en-dessous de la réalité. Au point que l'on n'a qu'une idée, c'est de sauter dans sa DS !

La déclinaison moderne du garage est comme toujours navrante, avec ce lettrage rouge aussi ordinaire que laid. Ou comment saccager une marque... Il est d'ailleurs intéressant de noter combien parallèlement, la dégradation de l'esthétique des monogrammes ornant les modèles de la marque a coïncidé avec la baisse de standing de celle-ci. Il aura vraiment manqué à Citroën dans les années 70 et 80 (pour ne pas parler des décennies suivantes) un styliste de la dimension d'un Jérôme.

Pour conclure sur une note plus favorable, j'aimais bien le concept du restaurant, mais comme souvent pour les bonnes idées, cela a fini au panier.

 

L'avis de Volubilix

Des rampes hélicoïdales dans un garage en ville : le rêve absolu ! Et là c'est double dose, comme à Chambord. Et pas pour vendre et entretenir des Simca mais des Citroën. Ce que j'aimerais savoir c'est si le garage Schlotterbeck fut Citroën dès ses débuts. La photo d'époque interroge : s'il y a bien une Traction d'après 52 et une 2cv des années 50 (avec une troisième vitre latérale plus grande que celle qu'on verra en France à partir de 65, c'est ici un modèle de Forest), la voiture exposée ne ressemble pas à une Citroën et l'on remarque aussi une Nash Rambler Airflyte et des Combi VW, entre autres.

Peut-être le garage représentait-il plusieurs marques ? Alors oui, comme toujours, il est triste de voir que les garages automobiles fuient les centres des villes en abandonnant des écrins exceptionnels comme celui-ci. Tout ça pour s'agglutiner en périphérie dans des zones sans âme, et dans des parallélépipèdes d'une fadeur regrettable, bien que pensés - c'est le paradoxe de notre époque - par des personnes censées appliquer les meilleures règles du marketing. Quel cruelle absence d'imagination et de panache. André, reviens, ils sont devenus fous ! Le côté moins triste de cette histoire reste la conservation de la structure originelle avec ses ateliers et rampes. Un peu comme au Lingotto à Turin, ou à la succursale à Lyon.  Et comme le garage sert désormais de socle à une tour moderne, il ne risque pas de disparaitre et c'est tant mieux. 

 

 

Bon, on se quitte avec ces quelques photos des rampes avant les travaux (en cliquant dessus, vous accédez à une plus grande version)

 

 

Liens externes:

https://www.wallpaper.com/architecture/david-willens-documents-a-1950s-citroen-garage-conversion-in-zurich

https://www.espazium.ch/de/aktuelles/verdichtete-romantik