La DS en Afrique du Sud, par le Docteur Danche
 


L'Afrique du Sud de la DS est ce pays d'antan, qui se reconnaissait sous le drapeau ci-contre, mêlant de gauche à droite, l'Union Jack, l'état libre d'Orange, et le Transvaal.


Autant dire une mosaïque de symboles anglophones et boers, enfin réconciliés après la guerre coloniale de 1899...

Je veux donc bien ici parler de l'Afrique du Sud de l'apartheid, celle qui ne citait surtout pas les noirs sur son drapeau.

 

En Afrique du Sud, donc, il y eut des DS pour les blancs, et ce à partir de 1956.
Ces voitures avaient trois origines:
- importation de Paris
- importation de Slough (jusqu'en 59)
- construction locale (à partir de fin 59 et jusque 1975)

 

Mon ami Marcus, qui finançait un temps ses cigarettes en ré-important en Angleterre des DS et des ID en provenance d'Afrique du Sud, m'envoie ces quelques clichés de modèles passés entre ses mains expertes.

Profitons de cette aubaine.

 

Commençons par ce Safari (appellation du break DS dans les pays anglophones). C'est un break luxe de 1962, et de fabrication française. Gris à l'origine, Marcus le fit repeindre en écaille blonde.

Ecaille blonde est spécifique aux breaks de la première moitié du millésime 60. C'est donc ici un coloris non conforme pour l'année de la voiture. Mais le résultat est magnifique...


L'intérieur similoid était en piètre état à l'arrivée à Douvres, un autre intérieur fut racheté par Marcus en France. Mais la spécificité d'origine que l'arrière de la banquette avant soit tôlée (comme d'habitude sur une commerciale) fut préservée.

Et pour ceux qui ont l'oeil: poignées chromées et manivelles type DS pour ces ID export...

Si vous ne voyez pas bien ce que je veux dire sur l'arrière de la banquette, voici une photo du fameux break (chassis 308) de Gérard, en France celui-là, et à conduite à gauche, comme il se doit...

Et voici le tableau de bord spécifique Afrique du Sud, avec conduite à droite (ben oui, les boers ont perdu la guerre...), et peinture effet faux bois sur la boite à gants...Cette peinture est spécifique Afrique du Sud.

Une autre spécificité (valable quant à elle pour toute ID à conduite à droite) est la présence de deux commandes de chauffage: "WARM AIR" et "HEATING DEFROST".
Je ne suis pas sûr d'y voir clair sur l'utilisation de ces commandes..

Par contre, le compteur de vitesses est en km/h, pas en miles/hour!

Et je vous mets une autre photo du break à Gérard, pour bien illustrer la différence! Evidemment celui-ci étant de 1959, ce sont les boutons de commande de la génération précédente...
Mais là au moins, c'est clair, on ne nous boer pas le mou, il y a une seule commande, "DEGIVRAGE ET CHAUFFAGE".
Revenons à notre ami Sud Africain. C'est donc une version break, avec les strapontins amovibles.

Pour le plaisir, une petite photo de l'émergence.
Deuxième modèle de Marcus, une ID de 1963. Cette fois, le logo "Citroën" sur le capot évoque une possible importation de Slough, ou plus probablement une construction locale. ..avec tout un merdier sous le capot, que je ne me hasarderai pas à décrire, mais les amateurs apprécieront, je suppose....

Voici le tableau de bord, avec de nouveau le faux bois spécifique "Afsud"... Et là encore je distingue les deux boules blanches pour le chauffage, Warm air et Heating machin...

Allez comprendre, le compteur de vitesse est cette fois en miles... Mais ce n'est pas pour autant une importation de Slough...

Et l'intérieur d'origine, tout en skai. Il semble bien que c'était là une production locale...

Et maintenant, voici quelques modèles plus récents fabriqués en Afrique du Sud.

On constate souvent des réemplois de couleurs d'années précédentes du nuancier.

Ici le Beige Agate (couleur de 70), utilisé sur un modèle 72

 
il n'y a pas de plaque couleur pour le démontrer, mais cette voiture est bien beige agate d'origine. Toutes les DS d'Afrique du Sud étaient équipées de la température d'eau, je vous laisse imaginer pourquoi.
Ce curieux panneau vinyl fait partie des spécificités de la production locale Ainsi que ces sièges en Vinyl ultra résistant.
La moquette noire sur le longeron est le standard pour les Pallas produites en Afrique du Sud, quel que soit l'intérieur.
Ici c'est une ID 1968 qui nous montre la version non Pallas de ces sièges en vinyl sud Africains. Les cendriers sont curieux. Le longeron est là aussi habillé différemment.
Ici le brun Sardoine, couleur de 66 (mais là encore c'est bien la couleur d'oigine de cette voiture). La teinte est finalement assez seyante sur troisième nez. On retrouve ici les sièges en vinyl (dans une teinte jaune pisseux, cette fois..), ainsi que les moquettes noires sur le longeron.
  Noter le logo Citroën qui était ajouté sur le capot pour identifier l'ovni. L'orientation de ses lettres est plus horizontale sur les dernièrs millésimes.

Ici en voilà une qui a perdu son logo Citroën, et elle a été réimportée en Angleterre, mais c'est bien une Sud Africaine..

Il y a beaucoup de DS d'origine Afrique du Sud qui sont maintenant en Angleterre. Il y a un moyen de les différencier tout de suite car elles ont des plaques d'immatriculation cintrées de type France...

... tandis que le type "export Angleterre", illustré ci dessous, a sa plaque d'immatriculation droite, et la partie noire rayée qui la supporte est donc découpée en conséquence.
Une autre caracractéristique des DS Sud Africaines, c'est ce curieux catadioptre blanc à l'avant. Il est souvent retiré dans le cas des réimportations, mais regardez bien, la brun sardoine l'a encore. Et la beige agate en avait un d'un autre modèle (il est installé à l'avant du clignotant) Souvent ce petit gadget n'est pas remonté après peinture...et il reste un trou!
Et pour finir dans les réemplois de couleurs plus anciennes: ici le bleu andalou, une couleur de la fin des années 60, alors que la voiture est manifestement de la période 73-75.

Cette voiture a été restaurée par Paul Harris en Angleterre: http://pallasauto.co.uk/

Fearghal possède une voiture faire en Afrique du Sud, elle a ce logo à l'arrière, ce serait la DSuper5 locale.

en démontant le monteur, Fearghal a constaté sur les pistons étaient différents de ceux des modèles France.

L'emploi de matériaux locaux dans la construction de ces DS du bout du monde conduit en fait à une galaxie de spécificités. On m'a fait remarquer, par exemple, que les roues étaient différentes sur leur bord. Enfin là, on chipote, hein!